Les principes qui fondent la Vie pour École :
L’ équipe qui porte le projet donne la priorité, dans les comportements et les contenus éducatifs à :
- l’initiative et l’autonomie plutôt qu’à la docilité,
- l’esprit créateur et logique plutôt qu’à la mémorisation systématique,
- l’appropriation d’outils permettant la construction des savoirs : apprendre à apprendre,
- la coopération, le partage, la solidarité plutôt qu’à la compétition,
- la valorisation de l’enfant plutôt qu’à sa mise en échec,
- au désir et au plaisir de découvrir de nouveaux savoirs sans coercition, dans la co-élaboration.
Les objectifs et les moyens pédagogiques de la Vie pour École :
Développer la capacité à communiquer par l’organisation :
- d’un travail autour de l’expression orale et écrite, à travers des activités d’apprentissage (lecture, écriture à partir d’expériences vécues), et en participant dès le plus jeune âge aux groupes de régulation des conflits et d’organisation de la vie de la structure (une réunion hebdomadaire permet aux enfants d’apprendre à formuler leurs désirs, à critiquer, puis à proposer et à élaborer des projets, à écouter les autres). La prise de parole fait l’objet d’un travail permanent quel que soit l’âge de l’enfant ; les enfants en âge d’écrire, élaborent des supports pour une gestion plus efficace de ces réunions : ordre du jour, compte-rendu de la réunion précédente, propositions rédigées…
- d’échanges permanent avec l’environnement proche et lointain : travail avec les institutions et associations locales, villages et villes alentour, rencontres avec les habitants, correspondance avec des enfants d’autres structures,
- d’échanges avec les cultures étrangères et à l’occasion de voyages à l’étranger dans le cadre de relations entre lieux d’accueil expérimentaux ; par la présence au sein de la structure d’intervenants d’origines et de langues étrangères afin de développer la sensibilité à la multitude des systèmes phoniques, linguistiques et culturels, préparant ainsi à l’acquisition des langues étrangères ; apprendre à se construire dans et par la différence.
Stimuler la créativité et l’expression artistique :
Par l’organisation d’ateliers de créativité (arts plastiques, bricolage, musique…) qui permettent l’exploration de techniques et de matériaux diversifiés, la découverte et la création d’univers sonores, sous l’impulsion d’artistes professionnels en résidence et d’artistes résidant à proximité désirant partager leur passion dans l’acte pédagogique.
Assurer l’épanouissement physique et psychologique de l’enfant :
Par la pratique d’activités sportives régulières (activités d’extérieur : spéléo, escalade, cheval, kayak, randonnée pédestre et cyclistes…) et la participation à des activités de maîtrise corporelle menées par des personnels compétents (expression corporelle / théâtre / danse…), des artistes en résidence et artistes demeurant à proximité.
Développer la capacité à s’organiser, travailler en équipe, travailler seul, s’entraider, s’auto-évaluer.
L’ensemble du lieu de vie étant géré par tous (enfants, adolescents et adultes intervenants) il y a mille et une manière de travailler en équipe et d’apprendre à s’organiser. Il faut s’organiser pour assurer le bon déroulement du repas et l’entretien du lieu. Il faut être responsable quand on prend la charge de s’occuper des animaux familiers. Les plus âgés peuvent assumer la responsabilité d’organiser certaine activités et sorties.
La responsabilisation est un outils pédagogique important : il permet de faire comprendre à l’enfant que sa présence est indispensable au bon déroulement des activités du lieu de vie et cela induit une valorisation de chacun.
La capacité à s’organiser et travailler seul et en équipe touche également le domaine de l’acquisition des connaissances (préparation d’une exposition sur la classe transplantée, recherche de documents dans une bibliothèque ou sur le net, enquêtes vivantes dans l’environnement proche…).
La cohabitation entre des enfants d’âges différents permet de mettre en place des situations d’entraide et de partage, notions pédagogiques fondamentales dans ce projet.
La pratique de l’auto évaluation est progressivement instaurée, permettant à chaque enfant d’analyser les limites auxquelles il peut être momentanément confronté, à la fois dans le domaine des acquisitions, de la construction des savoirs, de la socialisation.
Avoir un fonctionnement coopératif
Les enfants et les adultes présents co-élaborent les règles de vie de la structure. Des réunions de la communauté éducative, au moins hebdomadaire, sont prévus à cet effet.
Un cahier de “râlage” est à la disposition des enfants et des adultes pour consigner les problèmes que l’on ne souhaite pas émettre oralement ; il peut permettre de désamorcer les tensions, de les aborder avec plus de distance ; il peut être fait référence au cahier de râlage lors d’une réunion hebdomadaire ou quotidiennement.
Peu à peu, les enfants apprennent ainsi à gérer eux-mêmes les réunions et à réguler les conflits sans intervention systématique de l’adulte par la parole et non par l’affrontement physique.
Développer le respect de l’environnement
Le Vie pour École, incite les enfants par des expériences vivantes à apprendre le respect de l’environnement, à élaborer des comportements responsables à son égard (tri sélectif, économies d’énergie, utilisation de papiers recyclés, jardinage biologique…), à comprendre que nous faisons partie d’un éco-système dont nous sommes comptables pour le présent et les générations futures.
Ainsi la maison d’enfants met à disposition de l’enfant et de l’adolescent :
- des outils destinés à l’expérimentation, l’analyse, la création,
- un environnement de confiance et de respect qui stimule la personnalité de l’enfant,
- une pédagogie différenciée fondée sur la reconnaissance des évolutions singulières de chaque enfant, sur l’adaptation des éducateurs aux rythmes de chacun, refusant les normes a priori.
Au sein de la Vie pour École on apprend donc à lire à écrire et à compter mais également à échanger entre partenaires, à communiquer avec le monde environnant, à exprimer ce que l’on a de plus singulier en soi, à reconnaître et à respecter la singularité de l’autre, à établir des projets collectifs en contractualisant au sein d’un groupe.